Marc Chiasson, du Verger CR, tenait à dire devant le BAPE que les projets d'expansion de Waste Management ne cadraient pas avec ses activités commerciales associées à la pomme. (photo: Dany Jacques)
Waste Management isolée plus que jamais
Comme il était prévu, le projet d'agrandissement du lieu d'enfouissement des déchets de Waste Management a essuyé un barrage d'opposition pendant les deux journées d'audiences publiques du BAPE, qui se tenaient au Club de curling de Magog, les 18 et 19 juin dernier.
Sur les 26 mémoires écrits ou verbaux déposés, seulement quatre en faveur de cette expansion étaient l’oeuvre de citoyens du nom de David Gendreau, un employé de Waste Management, et de l’ancien maire du Canton de Magog, Jean-Guy St-Roch. Deux organismes bénéficiant de commandites de Waste Management, Les Découvertes de la chanson et la Banque alimentaire Memphrémagog, endossent aussi l'expansion.
Tous les autres signataires ayant formulé un commentaire s’opposent à l’enfouissement de 60 000 tonnes de déchets à deux pas du lac Lovering.
Quelques institutions publiques influentes, comme la MRC de Memphrémagog, la Ville de Magog et la Ville de Sherbrooke ont clairement exprimé aux commissaires du BAPE qu’il ne souhaitait pas prendre le risque de contaminer l’eau potable de plus de 150 000 personnes.
Des groupes, qui représentent parfois des centaines de membres chacun, tel que le Memphrémagog Conservation inc. (MCI), la Société de conservation du lac Lovering, le Conseil régional en environnement de l’Estrie et le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, encouragent le BAPE à freiner les ardeurs de Waste Management
Une entreprise - le Verger familial CR - et des citoyens voisins de l’actuel lieu d’enfouissement ou riverains du lac Lovering exigent de déplacer les déchets en dehors du bassin versant du lac Memphrémagog.
Parmi ces individus, Raymond Cloutier, un propriétaire d’une société de gestion de l’environnement, a notamment brandi une série d’études scientifiques démontrant la piètre qualité des membranes de protection que souhaite utilisées Waste Management pour envelopper ses déchets. «Une étude commandée par la Californie en 1994 confirme que 83 % des sites d’enfouissement de cet État contaminent la nappe d’eau souterraine, insiste-t-il en précisant que les produits utilisés pour fabriquer aujourd’hui les membranes sont les mêmes que dans les années 1980. Ça n’a pas changé.»
Sans faire allusion au syndrome «pas dans ma cours», M. Cloutier ne s’est pas gêné pour mettre l’accent sur les 2,3 millions de tonnes de déchets enfouis à l’actuel lieu d’enfouissement de Waste Management depuis 1970. Des sommets annuels de plus de 200 000 tonnes ont été enregistrés au milieu des années 1990. «On a longtemps été les hôtes des poubelles des voisins, c’est maintenant au tour des autres régions à ramasser nos déchets», a-t-il lancé.
Un peu dans la même veine, le président du Conseil régional en environnement de l’Estrie, Jean-Guy Dépôt, suggère de signer une forme d’entente avec les MRC voisines pour l’enfouissement des déchets de Memphrémagog. «Ils acceptent nos déchets, mais on s’engagent à leur fournir une eau potable de qualité», dit-il en précisant que les plans d’eau aux quatre coins de Memphrémagog alimentent un total de 200 000 personnes en Estrie.
Le rapport des commissaires Joseph Zayed, (président) et Catherine Chauvin, sera remis au ministre Lyne Beauchamp au plus tard le 22 septembre. Son contenu sera rendu public au plus tard 60 jours après la réception au ministère de l’Environnement.